Projet Les Étincelles

Projet Les Étincelles

Portrait illustré des soeurs Maribal pour le projet Les Étincelles

Le commencement des Étincelles

➔ En 2024, pour le 25 novembre,, je réalise le portrait des sœurs Mirabal.

Elles furent assassinées suite à leurs actes militants contre la dictature de Trujillo (République dominicaine) le 25 novembre 1960. Leur assassinat mit le feu poudre et déclencha la révolte du peuple qui fit tomber le dictateur. L’ONU a choisi cette date pour la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

➔ Peu de temps auparavant, j’avais lu le livre de Titiou Lecoq, Les grandes oubliées, Pourquoi l’histoire a effacé les femmes.

➔ J’ai regardé le film Marinette, biopic sur la footballeuse Marinette Pichon, que je ne connaissais pas ! Alors qu’il s’agit de l’une des meilleures buteuses du monde.

Les femmes au travers l’histoire est une thématique qui m’a toujours intéressée. Il fallait que j’en fasse quelque chose, à mon échelle.

La série d’illustrations des Étincelles

Et pourquoi pas en faire une série d’illustrations ? Je l’avais déjà fait pour les gestes écolos et ça avait fini en livre, qu’est-ce que je risquais ? ^^

Je me suis dit que j’allais faire 52 illustrations, une par semaine pendant un an. Des illustrations assez simples, une palette de couleurs réduite, un format donné. Et hop, en avant !

Le plus difficile a été de faire la liste : il y a tellement de femmes oubliées ! Certaines ont déjà été sorties de l’ombre par d’autres illustratrices, mais j’en ai aussi découvert énormément. J’ai fait la liste (je suis très méthodique !) et j’ai commencé. Parfois, j’ai adapté les noms selon mes découvertes et mes actualités.

Portrait illustré en buste d'Anna Arnold Hedgeman

Ce que j’ai vraiment réalisé en illustrant cette série, c’est que les femmes ont dû batailler bien plus que les hommes pour exercer des professions, vivre de leur art, ou même simplement faire du sport. Quels que soient les domaines, elles ont avancé avec des bâtons dans les roues.

Évidemment, les droits des femmes dans la plupart des pays ont évolué ces derniers temps (ils régressent aussi dangereusement), mais il ne faut pas oublier que cette évolution date quasiment d’hier.  On ne ballait pas des millénaires de patriarcat en quelques années.

J’ai aussi constaté que de mon point de vue de femme d’origine d’Europe de l’Ouest (et qui ne maitrise pas très bien l’anglais, j’avoue) j’ai trouvé peu d’informations sur les femmes qui ont vécu ailleurs qu’en Europe ou qu’en Amérique du Nord. Et pourtant, il y en a aussi.

Affiche de l'exposition à la bibliothèque de Braine-le-Comte Les Étincelles

L’exposition

Tout au long de 2025, j’ai partagé sur mon LinkedIn, les portraits, accompagnés d’une petite biographie.

Une fois les 52 illustrations faites, que faire ? Je n’avais aucune envie qu’elles restent cloitrées dans mon ordi, et qu’on les oublie. Cela aurait été un comble non ?

C’est ainsi que de fil en aiguille, en discutant autour de moi, j’ai eu la proposition d’exposition de la bibliothèque de ma ville. Super ! Et non seulement, ce serait une exposition, mais aussi une série d’ateliers artistiques en partenariat avec la commune de Braine-le-Comte et également le PECA (pour les ateliers avec les ados).

J’ai réalisé une sélection de 25 portraits et retravaillé les biographies.

Horaires d’ouverture de la bibliothèque

  • Mardi : 13:00 > 18:00
  • Mercredi :  13:00 > 18:00
  • Jeudi : 10:00 > 12:00 et 14:00>18:00
  • Vendredi : 14:00 > 19:00
  • Samedi : 10:00 > 12:00 et 13:00 > 16:00

Finissage le vendredi 29 mai !

 

Portrait illustré en buste d'Ettie Annie Rout

Une des bibliothécaires a trouvé le terme « Exposition évolutive« , et c’est tout à fait cela. Dans un premier temps, il y aura 25 de mes illustrations exposées, mais également les créations de participant·es des l’ateliers. Pas de vernissage, mais un finissage, le 29 mai 2026.

 

Les ateliers des Étincelles

Flyer de l'atelier tout public pour l'exposition Le Etincelles à Braine-le-Comte

1 – l’atelier tout public

Je propose atelier d’illustration sur le portrait d’une femme que les participant·es sont invité·es à choisir.

L’atelier se déroule en deux temps. Il s’agit d’un atelier créatif, mais aussi de réflexion. En effet, il est demandé avant d’avoir déjà choisi la femme à représenter et de venir avec une photo. Et entre les deux ateliers, de réaliser une petite recherche qui aidera à réaliser l’illustration. 
La personne choisie peut être de la sphère publique ou privée.

Photo de femmes adultes travaillant dan sune bibliothèque lors d'une recherche pour un atelier artistique sur les femmes oubliées de l'histoire
Atelier tout public Les Étincelles, table d'atelier personnes en train de découper
Atelier tout public Les Étincelles, une réalisation finale, collage et peinture
Atelier tout public Les Étincelles, une réalisation finale, collage et peinture
Atelier tout public Les Étincelles, table d'atelier personnes en train de peindre

2 – les ateliers avec les écoles

Public ado : exemple d’atelier en 4 temps
Public cible : 5ᵉ TQ art, 1ʳᵉ et 2ᵉ enseignement différencié.

  1. Visite de l’expo
  2. Recherches avec les bibliothécaires
  3. Rédaction de la bio à l’école avec les profs
  4. Atelier créatif à la Bibliothèque

Apprentissages : intégrer des collages, la composition, le cadrage, découverte du mixed media. Cet atelier permet de cerner différemment les discriminations de genres et raciales.

Réalisations des adolescents lors de l'atelier créatif suite à l'exposition Les Étincelles.

Réalisations des élèves de l’Institut Technique Saint-Gabriel de Braine-le-Comte

Visite de l'exposition Les Étincelles avec les adolescents

Avec les élèves de l’Institut Technique Saint-Gabriel de Braine-le-Comte

Réalisation artistique en cours d'une élève de secondaire lors de l'atelier artistique sur les femmes oubliées de l'histoire
Réalisation artistique finie d'une élève de secondaire lors de l'atelier artistique sur les femmes oubliées de l'histoire

Réalisations des élèves de l’Athénée Royal Jules Bordet à Braine-le-Comte.

3 -Ateliers avec les groupes adultes du CPAS ou d’un cours FLE

Ces ateliers sont à préparer en amont avec l’animateur·ice. La visite et l’atelier se réalisent l’un à la suite de l’autre.

Durant l’atelier réalisé avec les femmes du groupe FLE, chacune est venue avec un nom de femme qui a eu une influence dans leur pays. Cela permet d’élargir les connaissances.

Expo projet les etincelles, atelier artistique avec un groupe FLE<br />

Passage à Antenne Centre

Le communiqué de presse

Dossier de présentation

Vous souhaitez le dossier complet de présentation du projet? 

Article évolutif 😉

Cet article va évoluer aussi au fur et à mesure du projet. 

Pour être tenu·e au courant des actus artistiques, vous pouvez vous inscrire à la lettre d’info, Le bruit des pinceaux !

Birbfest challenge 2026

Birbfest challenge 2026

Liste des oiseaux à représenter pour le Birbfest challenge 2026

J’ai commencé cette année en me faisant plaisir avec la participation au Birbfest challenge. Il s’agit de représenter un oiseau par jour, selon une liste donnée.

Ce challenge est beaucoup plus simple que celui d’Inktober, car il ne faut pas réfléchir au sens que l’on veut donner aux mots. Un oiseau, c’est un oiseau, point.

J’ai réussi à faire les 31 illustrations. Je les ai réalisées dans un carnet en redécouvrant la technique du pastel gras. J’ai mélangé les médiums (peinture, feutre peinture, crayon aquarellable…) et testé sur différents fonds (neutres, noir ou avec une couleur appliquée à la peinture).

Je vous partage les photos du carnet.

Il y a des oiseaux réussis, des moins réussis, des traces, des taches, et même parfois des trous dans les pages.

Inktober 2025

Inktober 2025

Cette année, j’ai de nouveau participé au challenge Inktober. je l’ai fait tranquillement, sans pression. J’ai choisi un carnet, me suis dit que je le ferai au jour le jour, en illustrant le mot du jour au feutre noir.

Souvent, je choisis un fil conducteur, mais cette année, il n’y en a pas ! C’est donc une série d’illustrations très hétéroclite que je partage, sans filtre, sans retouche, avec les ratures et les mauvais cadrages :-).

Pour les 5 derniers jours, j’ai choisi de faire des illustrations plus épurées. J’ai l’habitude de tracer une multitude de petites lignes et de petits points. Ce n’est donc pas facile pour moi de faire quelque chose d’assez minimaliste.

Rendez-vous l’année prochaine pour l’Inktober 2026 !

Inktober 2025  jour 1 moustache
Inktober 2025 jour 2 tisser
Inktober 2025 jour 3 couronne
Inktober 2025 jour4 trouble
Inktober 2025 jour 5 cerf
Inktober 2025 jour 6 percer
Inktober 2025 jour 7 étoile de mer
Inktober 2025 jour 8 imprudent
Inktober 2025 jour 9 lourd
Inktober 2025 jour10 balayer
Inktober 2025 jour 11 piqure
Inktober 2025 jour 12 déchirer
Inktober 2025 jour 13 boire
Inktober 2025 jour 14 tronc
Inktober 2025 jour 15 en lambeaux
Inktober 2025 jour 16 bourde
Inktober 2025 jour 17 ornée
Inktober 2025  jour 18 accord
Inktober 2025 jour 19 arctique
Inktober 2025 jour 20 rivales
Inktober 2025 jour 21 explosion
Inktober 2025 jour 19 arctique
Inktober 2025 jour 20 rivales
Inktober 2025 jour 21 explosion
Inktober 2025 jour 19 arctique
Inktober 2025 jour 20 rivales
Inktober 2025 jour 21 explosion
Inktober 2025 jour 19 arctique
Inktober 2025 jour 20 rivales
Inktober 2025 jour 21 explosion

J’ai l’impression d’avoir fait l’Inktober avec beaucoup moins de pression que les années précédentes. J’ai réussi à faire les illustrations quasi au jour le jour. Si je savais que je n’étais pas disponible une journée, je réalisais le dessin la veille. Je n’ai pas eu de retard, c’est déjà une petite victoire.

Les mots de la liste ne sont pas toujours évidents, parfois, c’est un vrai casse-tête et il y a des choses que je n’avais pas envie d’illustrer. Il faut trouver des parades 🙂

Vivement l’année prochaine ! 

 

Pour les curieux·ses :  

Faire évoluer son univers visuel

Faire évoluer son univers visuel

Les inscrit·es à ma lettre d’info savent que depuis le début de l’année, je suis en intense réflexion sur mon projet professionnel. Dernièrement, j’ai fait évoluer mon univers visuel. Mais avant cela, j’ai passé beaucoup de temps à réfléchir sur le pourquoi du comment.

Car on ne le dit jamais assez souvent : un univers visuel sans avoir travaillé les bases, c’est juste de la déco.

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Ce que nous allons voir aujourd’hui
  • Quand changer ou adapter son univers visuel ?
  • Les questions à se poser
  • Faut-il tout changer ?
  • Appliquer les changements

Quand changer, adapter son univers visuel ?

Il existe de multiples raisons de changer ou d’adapter son univers visuel.

  • Il ne correspond plus à ce que vous proposez.
  • Une perte des rentrées financières et une cassure dans la courbe d’évolution.
  • Un éparpillement des activités.
  • Des demandes qui ne correspondent pas à ce que vous proposez.
  • Une évolution dans vos services.
  • Des besoins en graphisme qui augmentent.
  • Vous vous perdez dans la masse ou vous ne vous retrouvez plus dans ce que vous mettez en avant.

La seule mauvaise raison est de vouloir un univers visuel à la mode. Vous serez bon·nes pour refaire le travail dans moins de deux ans.

Les questions à se poser

Avant même de penser couleurs, polices de caractères, images… il faut mettre à plat plusieurs points, notamment celui qui concerne votre positionnement.

➜ Votre raison d’être
N’ayez pas peur de voir grand : sauver la planète, rendre les gens plus heureux… Prenez du recul par rapport à ce que vous faites concrètement, à ce que vous proposez comme services ou comme produit.

➜ Votre vision
Pourquoi souhaitez-vous faire cela ?

➜ Votre mission
Comment allez-vous le faire ?

➜ Votre proposition de valeur
Qu’est-ce que vous apportez de plus qu’une autre personne qui propose la même chose que vous ?

➜ Quels sont les bénéfices de cette proposition de valeur

➜ Quelle est votre cible ?

➜ Quels problèmes allez-vous résoudre ?

➜ À quels besoins répondez-vous ?

➜ Que souhaitez-vous ne pas faire, ne pas susciter comme émotions ? Qu’est-ce qui pourrait être le pire retour de votre travail ? Comment souhaitez-vous travailler ? Quel public ne vous concerne pas ?

➜ …

Faut-il tout changer ?

La réponse est NON. Parfois, quelques ajustements suffisent : une police de caractères qui convient mieux à l’activité actuelle, une couleur en plus ou en moins. Plus les changements seront grands, plus l’adaptation à vos supports sera longue (et fastidieuse). D’ailleurs, ne faites pas comme moi : ne sous-estimez pas le temps que cela prend.

Perso, j’ai gardé le jaune comme couleur principale ainsi qu’un univers végétal, mais j’ai changé les autres couleurs, et réalisé des visuels différents. Vu que je propose des univers visuels illustrés, cela allait de soi que le mien le serait aussi :-).

Appliquer les changements

Listez vos supports de communication et tous les supports et médias où votre univers apparait :

  • site internet
  • signature mail
  • réseaux sociaux
  • publications et templates de publication
  • cartes de visite, plaquette de présentation
  • fiche Google établissement
  • les différentes plateformes, annuaires, sites partenaires…
  • les documents administratifs : factures, propositions commerciales… Je me remercie vivement d’avoir fait des templates dans mon logiciel de mise en page : je change un code couleur et il s’applique partout, je change un style de caractère et tout le document se met à jour.

La liste peut être longue !

Deux solutions : vous faites tous les changements une fois ou vous les faites petit à petit. Si vous choisissez la deuxième option, ne le faites pas sur une période trop longue. Faites participer votre cible si vous le pouvez. Annoncez le changement en fanfare !

  • Analyser votre activité en profondeur avant de commencer quoique ce soit.
    Ce sera toujours utile, même si vous passez par un·e graphiste. Vous gagnerez du temps et le ou la graphiste cernera plus facilement votre activité.
  • Explorer plusieurs pistes, même celles qui vous tentent le moins.
  • Allez voir la concurrence ou ce qui se fait ailleurs.

Le genre et les couleurs, ça se discute !

Le genre et les couleurs, ça se discute !

Qu’on le veuille ou non, les couleurs ont une signification marquée selon les différentes cultures et époques. Elles nous permettent de recevoir les messages de manière différente. Souvent, selon le genre à qui s’adresse un produit ou un service, les couleurs seront différentes.

En graphisme, lors de la réalisation de son image de marque ou de son identité visuelle, devons-nous obligatoirement nous plier à la signification des couleurs et respecter strictement tous les codes marketing ?

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Ce que nous allons voir aujourd’hui
  • La signification des couleurs
  • Couleurs et genres, un peu d’histoire
  • Couleurs genrées et communication
  • Comment choisir ses couleurs ?

La signification des couleurs

Une couleur a plusieurs significations, elle transmet plusieurs émotions, c’est important d’en prendre compte quand on veut qu’elle représente sa marque.

🔴 Rouge : passion, amour, puissance, force
🟠 Orange : amitié, courage, vitalité
🟡 Jaune : joie, optimisme, intelligence
🟢 Vert : éthique, générosité, équilibre, naturel
🟣 Violet : extravagant, intuitif, spirituel
🎀 Rose : féminité, douceur, sensualité (je n’ai trouvé qu’un petit nœud pour le rose…)
🔵 Bleu :  confiance, intégrité, sérénité
Blanc : pureté, modernisme, minimalisme
Noir : luxe, élégance, autorité

Ok Germaine, mais ce n’est pas un peu trop codé cela ? On pourrait reprendre quelques couleurs cette liste avec ces significations :

🔴 Rouge : violence, danger, érotisme
🟡 Jaune : adultère, triche, maladie
🟢 Vert : diable, folie, chance
🟣 Violet : féminisme, royauté, mort
Blanc : deuil chez les hindous
Noir : deuil, mort, tristesse

Tout dépend de son point de vue !

Imaginez maintenant tous les produits dits naturels avec une communication uniquement basée sur la couleur verte, tout ce qui est spirituel en violet, tout ce qui s’adresse aux femmes en rose. Quel ennui !

Couleurs et genres, un peu d’histoire

 

  • Durant l’Antiquité, le bleu était réservé aux garçons.
  • Au Moyen Âge (Christianisme), le bleu est la couleur de la Vierge Marie, c’est donc la couleur associée aux filles et aux femmes. D’ailleurs, petite info en plus, les filles ET les garçons portaient des robes et jouaient aux mêmes jeux. Le rose est une couleur tirée du rouge, et est associé au genre masculin.

Danseurs – Fresque du Moyen Age

  • Au XVIe siècle, avec les réformes protestantes, le rouge est dévalorisé, car c’est la couleur des papistes. Il va commencer à symboliser de plus en plus l’amour et glisse vers les garde-robes des femmes. Le bleu se retrouve chez les hommes, le rose est de plus en plus prisé par les femmes.
  • C’est au XIXe siècle que le choix des couleurs bleu et rose pour les genres est définitivement posé, notamment grâce à la chimie et à la fabrication des couleurs pastel. On découvre le rose Pompadour.
  • Au XXe, les rôles des hommes et des femmes dans la société et dans les foyers sont de plus en représentés de manière stéréotypée dans les médias (publicité, journaux…). Ces stéréotypes sont omniprésents dans l’univers marketing lié à l’enfance.
Catalogue de jouets

Joli combo de stéréotypes : fille = maternité + rose

Depuis les années 80, le genre de ces deux couleurs reste bien marqué, même si le bleu apparait comme une couleur de plus un plus neutre et faisant plus l’unanimité, le rose reste un outil de discrimination :

    • Cela reste toujours difficile aux yeux des autres à habiller un garçon avec du rose.
    • Les produits pour les femmes sont souvent en rose et plus chers, la fameuse Taxe rose.

 

Couleurs genrées et communication

 

Nous baignons dans le marketing et ses codes arbitraires, et ce, dès la petite enfance. Nos biais cognitifs (on en toutes et tous!) nous permettent de faire un jugement, de prendre rapidement une décision, de catégoriser. Le problème, c’est quand ces biais deviennent des stéréotypes et spécifiquement des stéréotypes de genres.

Est-ce qu’une couleur peut être féminine ou masculine ? Je ne pense pas. Mais c’est un constat sans appel, dans notre société :

  • la palette de couleurs dite féminine est douce, pastel, calme, claire…
  • La palette de couleurs dite masculine est forte, contrastée, visible, foncée, puissante…

 2 captures d’écran prises sans trucage avec 2 recherches différentes : palette féminine et palette masculine. Et bam !

Qu’est-ce qu’un univers féminin ? Est-ce qu’on se cantonne à représenter une bulle de douceur alors qu’on nous demande en même temps d’être des guerrières et des winneuses? De plus, nous l’avons vu, genrer une couleur est un non-sens, rien n’est figé dans l’Histoire.

 

 

Comment choisir ses couleurs?

 

  • C’est important de connaitre la signification traditionnelle des couleurs mais ça ne doit pas être LE critère de choix pour autant. C’est possible de sortir du cadre et de nuancer.
  • Avant de choisir sa palette de couleurs, il faut se pencher sur les émotions que l’on souhaite transmettre, les objectifs, la cible, le pourquoi de son activité… Bref, un travail de fond pour ne pas choisir au pif ou parce qu’on aime bien telle ou telle couleur.
  • En même temps, il faut se sentir à l’aise avec les couleurs que l’on va utiliser. Tout est dans la nuance.
  • On essaye de ne pas tomber dans le panneau des biais de genre. On y tombe un moment ou un autre, c’est certain. Le tout est de s’en apercevoir et d’ajuster.
  • Même si vous vous adressez uniquement aux femmes, on peut prendre en compte toutes les diversités.
  • Changer son vocabulaire. Perso, j’essaye de ne jamais utiliser les expressions comme “univers féminin ou masculin”. Quand ça m’arrive, mais ça me fait un peu mal ! Je préfère parler des spécificités des couleurs et ne pas les rattacher à un genre.

 

Laissez de côté vos préjugés et allez explorer d’autres voix, cassez les codes !

Illustrer des thématiques difficiles

Illustrer des thématiques difficiles

Le graphisme et l’illustration ne servent pas qu’à vendre des produits ou des services. Ils peuvent servir à communiquer sur des thématiques assez difficiles afin de sensibiliser, d’informer, de prévenir.

Depuis de nombreuses années, je travaille sur des projets d’éducation permanente (éducation populaire en France) et de promotion de la santé. J’ai travaillé sur la solitude des personnes âgées, le désir ou le non-désir d’avoir un enfant, les violences gynécologiques et obstétricales (les VGO), l’aide aux personnes âgées, les maladies chroniques chez un public fragilisé, l’exil, la migration…

Et j’espère pouvoir contribuer encore et longtemps à la diffusion de ces thèmes.

Dans cet article je reste dans le domaine de l’illustration, de la représentation imagée.

 

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Ce que nous allons voir aujourd’hui
  • Comment représenter un sujet délicat sans provoquer le rejet ?
  • 3 exemples : violences gynécologiques, addictions et parcours migratoire.

Comment faire pour représenter un sujet délicat sans provoquer le rejet ?

 

➜ Garder une approche positive

Même quand la thématique est négative et dure et sans minimiser les faits, il est possible de la représenter de façon positive ou du moins neutre. Éviter de montrer le côté trop sombre afin que les personnes concernées s’y retrouvent sans avoir un reflet de leur situation qui pourrait empirer leur estime de soi.

➜ Avoir une approche non orientée

Avant de commencer une illustration, je mets de côté tous mes préjugés et essaye de faire le vide dans mon cerveau pour démarrer sur une base neutre. J’utilise beaucoup la technique des cartes mentales. Je note autant ce qui pourrait être dessiné que ce qui doit être évité.

➜ Éviter de heurter, choquer

En publicité, le neuromarketing sert à enclencher l’envie d’achat grâce aux émotions : l’envie, le désir, le plaisir. Certaines campagnes de prévention (alcool, conduite à risque…) utilisent des images chocs pour susciter des émotions vives et fortes (tristesse, peur, stress). La réaction est instantanée et assez impulsive.  La peur peut entrainer un sentiment de rejet, de dégoût ou encore de paralysie.

Plus d’info : Usage de la peur et médias de préventions : quelques repères méthodologiques

➜ Éviter de culpabiliser, stigmatiser

Mettre en lumière une situation problématique n’est pas la pointer du doigt !(OMG, je vais déposer un copyright pour cette phrase ^^). Pas besoin d’en rajouter une couche, la situation est assez difficile comme cela. Tout comme la peur, la culpabilisation risque d’entrainer la paralysie. La personne n’est pas forcément entièrement responsable de sa situation et n’a pas forcément toutes les clés pour changer.

Plus d’info : Pour changer, la peur ou la culpabilité ?

 

 

Exemple 1 : représenter les VGO sur les femmes placées en institution

illustrer une thématique difficile - rapport VGO

Cette illustration a été réalisée pour la couverture du rapport Les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) vécues par les femmes avec une déficience intellectuelle vivant en institution.

Déjà, rien que le titre cumule les situations difficiles. J’ai cogité sur plusieurs idées, en gardant en tête de vouloir représenter :

▶ les femmes avec différentes morphologies;

▶ leur invisibilité et la pression qu’elles subissent;

▶ un visuel et mise en page attractifs et qui facilitent la lecture.

J’ai été marquée dans ce rapport par le manque de concertation et de dialogue entre les personnes concernées et celles qui les entourent, les soignent. Comme si tout était déjà inscrit et surtout comme s’il n’y avait pas besoin de donner d’explications.

✏️ L’illustration et les motifs

▪ Je voulais quelque chose d’assez simple mettant les femmes en avant. J’ai représenté 3 femmes de morphologies et de postures différentes (passive, résignée). Les parties du corps liées à la santé sexuelle sont invisibles, comme si elles n’existaient pas, on voit à travers elles.

▪ La spirale jaune représente la société, l’environnement dans lequel elles évoluent. Les soins passent aléatoirement. Les violences font partie de ce système, elles passent, on n’en parle pas beaucoup.

▪ Les motifs en arrière-plan représentent les différentes thématiques abordées dans l’étude : les soins, le désir de maternité, la contraception, le manque de dialogue, la loi…

🎨 Le choix des couleurs

hors de questions de représenter un univers trash et dark (ni funky non plus, on est bien d’accord). Comment représenter un univers féminin, sans tomber dans les stéréotypes ? J’ai repris les teintes des logos des associations partenaires pour en tirer un rose/violet et j’ai contrebalancé avec du jaune, du vert et de l’orange. Le tout reste donc assez vif sans tomber dans l’excès.

Exemple 2 : représenter les addictions

Illustrer une thématique difficile - les addictions

Cette illustration fait partie de l’outil pédagogique Babbel Boost : photo-expression pour les professionnel·les de santé travaillant avec des personnes atteintes d’une maladie chronique. Cette carte représente la problématique des addictions.

Il y a autant de mode de consommation que de produits. Nous aurions pu choisir une représentation facile de la consommation de drogue : une personne défoncée, seule, pauvre, maigre dans une ruelle sombre par exemple.

La difficulté était de représenter différentes addictions et différents comportements :

▶ addictions au chocolat, à la drogue,  à l’alcool, aux écrans…;

▶ plusieurs formes de consommation : en société, seul·e, de manière festive, légalement, illégalement…

✏️ L’illustration

L’illustration a plusieurs lectures, des personnes aux consommations différentes peuvent s’y retrouver, même celle dont l’addiction concerne « simplement » le sucre. Elle montre aussi que les tentations sont fortes en société. Avec le recul, j’aurais pu représenter une pharmacie également.

🎨 Le choix des couleurs

C’est la nuit qui est représentée, juste parce que c’est impossible de représenter la nuit et le jour en même temps ! Les couleurs font partie de la palette de couleurs utilisée pour les autres illustrations de ce photo-expression.

Exemple 3 : représenter les femmes migrantes et réfugiées

Illulstrer une thématique difficile - réfugiée

Cette illustration a été réalisée pour la journée d’action organisée par le Cire asbl ayant pour thème femmes et migration. Elle a servi pour faire l’affiche et annoncer le programme. J’ai utilisé beaucoup de symboles pour cette représentation pour une approche plus poétique. L’ensemble de l’image représente une femme qui espère tout en lutant.

▶ Le mode de transport et les lieux : la traversée des montagnes, des mers, l’oiseau en forme d’avion.

▶ La culture différente : je me suis concentrée sur des motifs inspirés des motifs africains.

▶ Mais aussi l’universalité avec une forme ronde symbolisant la planète.

▶ Les difficiles conditions climatiques : neige, mauvais temps…

▶ L’espoir qui jaillit des mains, l’humanité et la lutte avec le cœur dans le poing fermé.

Au final, l’illustration est positive tout en représentant les difficultés rencontrées par les migrantes. Elles sont mises à l’honneur plutôt qu’en mode victime.

Bon à savoir

📌 Le sentiment de peur amène une réaction émotionnelle immédiate, mais souvent de rejet.
📌 Même le sujet le plus tragique peut être représenté de façon poétique et imagée.
📌 Suggérer plutôt que de réaliser une image au plus proche de la réalité.

 

 

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